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Remonter aux sources du karaté est à coup sûr une entreprise ardue. Qu'on ne s'y trompe pas : il y a bien sur de la japonité dans l'émergence de cette pratique martiale, mais sous cette patine que le temps a pris soin de déposer, se découpent d'autres origines, qui prennent naissance en Chine et dans l'archipel d'Okinawa.

Remonter aux sources du karaté est à coup sûr une entreprise ardue. Qu'on ne s'y trompe pas : il y a bien sur de la japonité dans l'émergence de cette pratique martiale, mais sous cette patine que le temps a pris soin de déposer, se découpent d'autres origines, qui prennent naissance en Chine et dans l'archipel d'Okinawa.
Si l'ingérence des seigneurs de guerre nippons sur les affaires des royaumes d'Okinawa depuis le XVIIIe siècle n'est pas à contester, il ne faut certes pas oublier les relations fructueuses que ces îles méridionales entretiennent avec les marchands chinois de la province voisine du Fujian. Et, entre les cargaisons d'étoffes, d'armes et de manuscrits, se glissent toujours quelque aventuriers itinérants, qui reviennent de leurs voyages avec d'étranges savoirs. Sakugawa est de ceux-là. Il revient d'un périple en Chine où il a appris les arts de la boxe chinoise et du maniement du bâton. En 1722, il s'installe dans la ville de Shuri, près de Naha, où il se décide à enseigner ce qu'il a découvert. Tout à la gloire de cette pratique nouvelle, il la baptise "Sakugawa no karate" (karaté de Sakugawa), faisant ainsi allusion aux racines chinoises de cette forme de boxe. C'est que, en dialecte d'Okinawa, "kara" est la traduction du caractère chinois évoquant la Chine de la dynastie T'ang, et "te", la main, seul outil dont il faut maîtriser les techniques. De là est né ce nouveau vocable, dont l'étymologie va connaître bien des vicissitudes.

Entre-temps, la boxe de Sakugawa fait de nombreux émules, et les écoles éclosent aux quatre coins d'Okinawa. Chaque ville accueille la sienne, et s'enorgueillit de ses combattants, qui s'entraînent sous bien des couleurs : au "Shuri-te" viennent s'ajouter le "Naha-te" et le "Tomari-te", principales écoles dont les techniques divergent peu à peu, selon l'enseignement des maîtres.
Il faut attendre un siècle pour qu'un maître se décide à opérer la synthèse de tous ces styles. Il s'appelle Matsumura Sokon et, dans les années 1820, entreprend de réunir sous la même bannière toutes ces mains d'Okinawa, en replongeant dans les vieilles pratiques chinoises des monastères bouddhiques, et notamment dans celles du monastère de "la petite pinède", celui dont la renommée a depuis lors traversée toutes les frontières sous le nom de Shaolin. Matsumura baptise son art le "Shorin-Ryu" en honneur aux précurseurs chinois et l'enseigne à ses disciples. Parmi eux se trouve Itosu Anko, qui va poursuivre l'œuvre de son maître en adaptant le Shorin-Ryu à la pratique commune. Il s'entraîne dur, agit avec discernement, et donne naissance aux formes modernes des katas "Pinan", qui sont, encore aujourd'hui, à la base de l'enseignement du karaté. En 1901, tel un Jules Ferry épris d'équité scolaire, il introduit la pratique du karaté dans toutes les écoles primaires d'Okinawa et suscite bien des vocations.